Blog #2 : Rétrospective des prototypes dualo – Partie 1

Rétrospective des prototypes dualo – Partie 1 Le « dualo bêta 0 », prémisse d’un instrument à clavier dualo

C’est en 2007 qu’apparut le premier prototype d’instrument à clavier dualo.

Imaginée et construite dans le petit studio de son inventeur Jules Hotrique, cette première ébauche disposait les deux claviers l’un à côté de l’autre, à plat. Par simplicité de conception, Jules s’inspira en grande partie des mécaniques d’accordéon et utilisa même des boutons d’accordéon pour les touches.

Ce prototype proposait 4 octaves et demi réparties sur les deux claviers presque complètement chromatiques, de respectivement 48 touches chacun, réparties en 16 lignes de 3 touches, chaque ligne correspondant à une note et ses altérations (ex : sol b, sol, sol # sur une même ligne).

La captation était faite grâce à des cartes électroniques en kit, compatibles avec la norme MIDI (un peu comme des carte Arduino pour les connaisseurs). Ces cartes, qui nécessitaient peu de connaissance en programmation, étaient conçues et fabriquées par un électronicien passionné du côté de la place de la Bastille à Paris. Le prototype était donc un contrôleur MIDI connecté à un ordinateur, qui lui servait de synthétiseur et de carte son.

Au bout de quelques mois d’utilisation, il apparut à Jules que le prototype était très grand et fragile, et que c’était toute une aventure pour le transporter et le faire essayer, notamment à cause des boutons d’accordéon qui se déclipsaient tout le temps de leur mécanique à ressort.

Néanmoins, la preuve de l’intérêt du clavier dualo était à présent tangible.

Le “e-dualo”, premier instrument mobile basé sur un clavier dualo complet

Jules décida alors de créer une autre version, plus transportable et autonome.

Son ami Bruno Verbrugghe, ingénieur en informatique et spécialiste du geste musical, lui conseilla d’étudier la possibilité d’utiliser des capteurs de force, et non des capteurs de vitesse comme dans les claviers piano MIDI. L’avantage du capteur de force est qu’il ne nécessite pas de mécanique complexe : une simple touche en mousse permet de transmettre au capteur la force avec laquelle le doigt tape sur la touche.

Après de nombreuses recherches infructueuses, Jules finit par trouver une société française qui accepta de le recevoir. Son interlocuteur lui expliqua que cela faisait dix ans qu’il attendait un tel coup de fil, car il avait développé ses capteurs dans l’idée de faire des instruments de musique, mais qu’il avait abandonné après une grosse déconvenue avec un musicien connu. Jules repartit alors avec une centaine de capteurs de force.

Ainsi débuta la construction du deuxième prototype toujours dans la cuisine de Jules. Les deux claviers furent ramenés l’un en face de l’autre, verticalement, pour gagner en compacité. Le jeu est aussi devenu plus facile, les doigts se répondant les uns en face des autres pour former une gamme complète.

Bien que cela ne semble pas évident sur la photo, il était déjà très facile de voir ses doigts sur l’instrument en penchant la tête.

Dans un souci de mobilité totale et pour éviter d’utiliser un ordinateur, Jules chercha à intégrer des sons directement dans l’instrument, puis de le faire fonctionner sur batterie. Quelques recherches sur le site audiofanzine.fr plus tard, un expandeur Roland JV1010 fut acheté d’occasion, démonté et testé en étant branché à un pack de batterie. Finalement c’est un expandeur XV-2020 qui subit le même sort et fut intégré dans ce premier instrument dualo.

C’est d’ailleurs à ce moment-là que s’est posé pour la première fois la question de l’intégration d’un haut-parleur dans l’instrument. Trop lourd et consommant trop de batterie pour un résultat sonore très moyen par rapport à l’étendue des sons possibles, l’idée fut vite abandonnée, au profit d’une modularité plus importante.

Par contre, c’est aussi à ce moment-là qu’un capteur de mouvement fût ajouté et connecté au pitch bend de l’expandeur, permettant de moduler la hauteur d’une note en se penchant en avant avec l’instrument. Effet “whaou !” garanti et prouvé !

Terminé en juin 2008, ce premier instrument dualo, que Jules appela le “e-dualo”, possédait 5 octaves sur deux claviers chromatiques complets de 64 touches chacun. Grâce au module sonore Roland XV-2020 intégré, il embarquait 1083 sonorités et 17 kits de batterie. Son autonomie était de 8 heures. Jules lui ajouta rapidement deux sangles pour pouvoir jouer debout.

Jules utilisa ce prototype énormément, car il pouvait l’emporter avec lui partout, autant pour jouer tout seul avec un casque sur les quais de Seine que dans des jam-sessions et des concerts avec d’autres musiciens en se branchant sur un ampli, comme une guitare ou une basse électriques.

Jules au dualo avec le groupe Romolive

0903 Arat Kilo aux Cariatides2-min

Jules au dualo avec le groupe Arat Kilo

C’est face au succès de ce deuxième prototype, qui posait déjà les bases des futurs instruments dualo, que Jules décida de donner une suite à cette idée folle que celle de créer un nouvel instrument de musique…

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